le corps assiégé
dans l'ivoire des sables
au seuil de l'océan
aux ondes escarpées
rugueux de ses sels bruts
et baveux de marées
je n'ai pas entendu
le soupir du couchant

aucun son ne m'approche
nul écho du ressac
ni d'oiseaux le propos
ni plainte ni moquerie
aucun vent ne rugit
vers les maisons lointaines

dans ce rêve muet
de cristal fracassé
tout flambe de frayeur
sur la terre en chaos
trop de coulées barbares
engorgent l'horizon
et la nuit ne vient pas
où pétillent les étoiles
elle ne peut épouser
tant de rouges silences