D'étranges pénitences la grignotent en sourdine
mémoires dissipées
érosions diaboliques
parcelles ébréchées
désarmantes faiblesses
et chutes extravagantes
on gémit de partout
de la chair et des os

Pourtant...
Rêveuse déhanchée elle joue la bayadère
et visage entaillé peut vous sourire encore
la belle fatiguée ajuste ses entraves
le voyage est bancal qui selon tout présage
vers le tango final la conduit

Elle  se fout de la mort
à contretemps s'échappe
et nargue le squelette de la dernière frappe
qui veut sa cavalière pour le bal carnassier

Ridicule guenon à la faux aiguisée
sur la brute pierre du monde
fétiche des morbides
aux orbites désertés
aux cliquetis sordides
elle ne te craint pas
ne t'attend pas non plus 

Détache s'il te plaît de ses contours usés
la trace de tes pattes
quelque chose l'anime ...
que tu n'atteindras pas

Suzanne